Un peuple de statues est un espace de rĂ©flexion sur lâiconoclasme, le vandalisme et, plus gĂ©nĂ©ralement, sur cet usage politique particulier des Ćuvres dâart qui consiste Ă les dĂ©molir. Sây dĂ©ploie une dĂ©marche expĂ©rimentale qui met en dialogue la rĂ©flexion philosophique et le geste graphique de lâauteur.Â
2 - Les lions, les loups
Je ne sais pas trĂšs bien comment appeler cette Ćuvre. Parfois, je lâidentifie comme une performance, mais il pourrait aussi bien sâagir dâune sculpture ou dâun tableau vivant. Et si je suis bien honnĂȘte, je parle plutĂŽt dâintĂ©rim. Je crois que câĂ©tait juste avant, ou juste aprĂšs, lâattentat de septembre 2001 contre les tours jumelles. Ce dont je me souviens de ce moment, câest que jâavais quittĂ© les Beaux-arts à Paris, mais que je nâĂ©tais pas encore arrivĂ© Ă MontrĂ©al. JâĂ©tais coincĂ© quelque part entre les deux. Â
Un matin, alors que je flĂąnais du cĂŽtĂ© de la place Denfert-Rochereau â encore Ă Paris donc â, jâai remarquĂ© lâabsence du Lion sur son socle. Le Lion de Belfort est une sculpture en bronze dâAuguste Bartholdi (1834-1904) qui symbolise la DĂ©fense nationale française
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 Câest confondant. Il y a un Lion de Belfort sculptĂ© dans une falaise de la ville de Belfort (logique) mais il y en a aussi un Ă Paris qui sâappelle quand mĂȘme le Lion de Belfort, bien que les Parisien·nes lâappellent le Lion de Denfert (en rĂ©fĂ©rence Ă sa localisation place Denfert-Rochereau). Quand jâĂ©tais enfant, jâentendais « le Lion de lâenferâŻÂ», ce qui nâest pas mal non plus.Â
. On raconte que, lors de son installation, en 1880, le Lion regardait vers lâAllemagne, pour la tenir tranquille, puis lorsque les Allemands ont envahi la France, ils lâont retournĂ© pour lui apprendre qui Ă©tait le patron. Depuis, il regarde de lâautre cĂŽtĂ© et leur montre son derriĂšre. Jâignore si câest mieux.  Pour tout dire, je ne suis mĂȘme pas sĂ»r que ce soit vrai. Dans la chanson de Serge Reggiani
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Chanson écrite par Albert Vidalie, composée par Louis BessiÚres et interprétée par Serge Reggiani en 1967.
, celle oĂč le narrateur adjure Charmante Elvire de cesser de rire, câest ce lion qui tremble « sous son manteau de bronzeâŻÂ» parce que les loups â les nazis, les fascistes, enfin pas des vrais loups â regardent vers Paris. On raconte aussi, dans une bande dessinĂ©e de Tardi
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Sans doute dans Les Aventures Extraordinaires dâAdĂšle Blanc-Sec. Le Savant fou, Tournai, Casterman, 1977.
, je crois, que le socle du Lion ouvre sur un passage secret vers je ne sais quelle catacombe
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Quand jâai rĂ©alisĂ© ma sculpture fontaine devant la bibliothĂšque Maisonneuve et quâavec mon ami Louis, nous avons transformĂ© lâune des plaques de bronze latĂ©rales du socle en porte dĂ©robĂ©e pour pouvoir accĂ©der Ă la mĂ©canique intĂ©rieure, jâai repensĂ© avec dĂ©lice Ă cette histoire. Mais je reparlerai de cette fontaine dans un prochain Ă©pisode. Un vrai feuilleton, je vous dis.
. Bref, le Lion de Belfort est un gros tas de ferraille de quatre mĂštres de haut et sept mĂštres de long. Son regard est vide, martial, butĂ©. Sa robe vigoureuse est agrĂ©ablement vert-de-gris. Mais ce matin-lĂ , le problĂšme, câest quâil avait disparu. Â

Ă cette Ă©poque, jâaimais dĂ©jĂ me rendre utile. Une brĂšve enquĂȘte m'apprit que les autoritĂ©s avaient retiré la sculpture pour la rĂ©nover. Le socle resterait vacant le temps de polir le poil de la bĂȘte. Il ne fallait pas me le dire deux fois. Avec de la feutrine et de la fourrure synthĂ©tique, je me bricolai un costume de fortune et mâen allai aussitĂŽt occuper la place de la statue au milieu de la circulation automobile. Une brĂšve vidĂ©o subsiste de cette performance quâon peut encore voir sur youtube. En trame sonore, jâai empruntĂ© une chanson Ă Brigitte Fontaine, dans laquelle la chanteuse dĂ©clame sur un air de Stabat mater sombre et dĂ©chirant des slogans rĂ©volutionnaires, tels « tout le pouvoir au peuple », « la propriĂ©tĂ©, câest le volâŻÂ», « la rĂ©volution au bout du fusilâŻÂ», et autres joyeusetĂ©s. Je trouvais que nos grandiloquences allaient bien ensemble. Croire au monde mais douter de soi. Du panache dans la dĂ©route.Â
Auguste Bartholdi, le sculpteur du Lion, est aussi lâauteur dâune statue de Jean-François Champollion, le dĂ©chiffreur des hiĂ©roglyphes Ă©gyptiens. Ce portrait un peu plus grand que nature le reprĂ©sente en fougueux jeune homme, le pied lourdement bottĂ© sur la tĂȘte dâune statue de RamsĂšs II. Cette position fait penser Ă la victoire de David contre Goliath, mais lâallĂ©gorie serait alors inversĂ©e. Champollion, ce nâest pas le petit qui triomphe du gĂ©antâŻ: câest la puissance coloniale au faĂźte de sa conquĂȘte, tandis que la tĂȘte de Pharaon est rompue, humiliĂ©e. Il y a un vainqueur et un vaincu, et il est trĂšs difficile de voir autre chose dans cette reprĂ©sentation quâun symbole de la domination occidentale sur ses colonies. Sur le site du CollĂšge de France (dans la cour duquel est installĂ©e la statue), on tente pourtant de justifier la violence symbolique de la sculpture au nom du refus de lâanachronisme. En gros, on nâa rien compris si on y voit ce quâon y voit, car si «âŻla position de Champollion peut heurter nos sensibilitĂ©s contemporaines, telle nâĂ©tait pas lâintention de Bartholdi qui sâinspire de deux traditions : dâune part, la mĂ©ditation devant les ruines des civilisations disparues [...] et dâautre part, le mythe grec dâĆdipe, vainqueur de la sphinge, monstre Ă corps de lion et Ă tĂȘte humaine qui terrorisait la rĂ©gion de ThĂšbes
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VoirâŻ: https://www.college-de-france.fr/fr/institution-et-son-histoire/la-statue-de-champollionÂ
âŻÂ», etc. Lâargument est plutĂŽt comique. Il fait penser Ă celui utilisĂ© pour euphĂ©miser le racisme des Aventures de Tintin, selon lequel HergĂ© Ă©tait peut-ĂȘtre raciste, mais ce nâest pas grave parce quâĂ lâĂ©poque tout le monde lâĂ©tait⊠PlutĂŽt que de justifier lâinjustifiable, pourquoi ne pas admettre que ces Ćuvres sont bel et bien racistes, mais que, ce faisant, elles nous permettent de saisirde quelle maniĂšre sâopĂšre la naturalisation dâune idĂ©ologie dans lâespace public, et comment cela la rend hĂ©gĂ©moniqueâŻ? Assez drĂŽle, cette manie propre aux arts visuels de toujours prĂ©tendre que ce que lâon voit nâest pas ce que lâon croit. Â
Lâhistorienne de lâart BĂ©nĂ©dicte Savoy adopte une mĂ©thode Ă lâopposĂ© de cette prudence de clerc. Ă propos de lâeffroi quâelle raconte avoir ressenti devant la statue de Champollion, elle Ă©voque un sentiment Ă©trange quâelle dĂ©signe, avec Walter Benjamin et Karine Winkelvoss, comme un « souvenir du jamais vu
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BĂ©nĂ©dicte Savoy, Objets du dĂ©sir, dĂ©sirs d'objets, CollĂšge de France, 2017, en ligne, https://books.openedition.org/cdf/5024.Â
âŻÂ». Ce quâelle a sous les yeux, câest une allĂ©gorie, certes, mais nul nâest besoin dâaller chercher du cĂŽtĂ© des mythes antiques pour la faire parler. Selon elle, cette allĂ©gorie Ă front renversĂ© donne Ă voir « le retour du refoulĂ© colonial dans le croisement fortuit de temporalitĂ©s divergentes
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Ibid.Â
.âŻÂ» Un condensĂ© saisissant de ce quâelle appelle les trois libidos : sensuelle (la beautĂ© du pharaon), intellectuelle (le jeune savant fringuant) et de domination (le pied sur la tĂȘte). « La statue rappelle Ă qui veut lâentendre que la mĂ©daille brillante de la culture et du savoir, en Occident, a toujours ou presque un revers de violence symbolique et rĂ©elle
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Ibid.
. » LâidĂ©al et son dĂ©voiement. La culture et la barbarie. Tenir ensemble les pĂŽles de cette dialectique infernale, câest prĂ©cisĂ©ment ce Ă quoi elle sâattelle quand elle propose dâarticuler les sentiments contradictoires que suscitent en elle les collections musĂ©ales occidentales. Elle raconte comment elle ne peut voir NĂ©fertiti au Neues Museum de Berlin sans penser au «âŻtrou » que le cĂ©lĂšbre buste laisse lĂ oĂč il a Ă©tĂ© pillĂ©, Ă Tell Amarna en Ăgypte. En 2018, dans un rapport ayant fait date sur la restitution du patrimoine culturel africain, BĂ©nĂ©dicte Savoy sâest prononcĂ©e sans ambages pour le retour des Ćuvres lĂ oĂč elles ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©es
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Bénédicte Savoy, à qui appartient la beauté�, Paris, La Découverte, 2024.
. Mais elle dit aussi quâau nom de lâinjustice de cette dĂ©possession, il ne faut pas jeter aux orties lâextraordinaire «âŻpouvoir de germinationâŻÂ» du musĂ©e universel Ă lâeuropĂ©enne quâelle perçoit comme « lâun de ces endroits oĂč lâHistoire fĂ©conde lâavenirâŻÂ» et qui rend possible «âŻlâincorporation de la substance dâautrui en substance de soi
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Bénédicte Savoy, Objets du désir, désirs d'objets, op. cit.
âŻÂ». Libido. FĂ©condation. Germination. Les mĂ©taphores sont explicites. Il y a quelque chose de la turgescence dans ces Ă©vocations. Qui nâa jamais ressenti dâĂ©motion Ă©rotique dans un musĂ©e ne peut sans doute pas comprendre.Â

Une dizaine dâannĂ©es aprĂšs avoir grimpĂ© sur le socle du Lion de Belfort, alors que jâavais changĂ© de vie et de pays, je me suis rendu compte que la mĂȘme statue se trouve à MontrĂ©al. Exactement la mĂȘme. Une rĂ©plique, mais en pierre et plus petite. Ce petit lion est positionnĂ© dans le square Dorchester, en face de lâĂ©difice Sun Life, en bordure de la rue Metcalfe. (Si un jour on lâenlĂšve, je ferai une mascotte miniature de moi-mĂȘme, fauve de carnaval, et je la poserai lĂ en attendant son retour.) Sur le site du Bureau dâart public de la ville, on apprend quâil symbolise «âŻla force et le protectorat britannique
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La page du Petit Lion de Belfort est ici.Â
âŻÂ» et quâil a Ă©tĂ© installĂ© Ă lâoccasion du jubilĂ© de diamant de la reine Victoria en 1897
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Post-scriptum : en lisant ces lignes, mon ami Louis dont jâai dit plus haut quâil avait conçu la porte dĂ©robĂ©e du socle de ma fontaine (en face de la BibliothĂšque Maisonneuve Ă MontrĂ©al) mâinforme quâil a aussi fabriquĂ© la petite porte en bronze qui permet lâaccĂšs au robinet du petit Lion de Belfort de la Place du Canada. Je verse cette information comme Ă©lĂ©ment probant Ă lâhypothĂšse dâun vaste rĂ©seau souterrain reliant entre elles, sinon les statues de ma vie, du moins les histoires que je mâinvente Ă leur sujet.
. Il est bien pratique, ce symbole qui peut servir Ă reprĂ©senter tantĂŽt la dĂ©fense nationale française, tantĂŽt le protectorat britannique. Un vrai couteau suisse. Ainsi, il en irait des statues comme de nâimporte quel mot de la langue, leur signification change en fonction du contexte. Câest un peu comme le terme « je » qui est moi quand câest moi qui parle et toi quand câest toi. Nous habitons tous·tes le mĂȘme langage (les problĂšmes de traduction exceptĂ©s bien sĂ»r, ce qui nâest pas rien). Le langage est une maison accueillante, les rĂšgles sont les mĂȘmes pour tous·tes, on entre et on se sert, faites comme chez-vous. Le corollaire de cette hospitalitĂ©, câest quâune fois quâon est entrĂ© dans cette fabuleuse maison, on nâen sort plus. Terrifiant. Un peu comme la fin de la chanson Hotel California du groupe Eagles : «âŻyou can check out any time you want but you can never leaveâŻÂ». Les lacanien·nes ont toute une thĂ©orie lĂ -dessus : «âŻlâinconscient, câest le discours de lâautreâŻÂ». Non seulement le langage Ă©tait lĂ avant nous, mais on â « onâŻÂ»Â câest-Ă -dire nos parents â a parlĂ© de nous avant mĂȘme que nous puissions parler ou comprendre ce que lâon disait de nous. On ne sait pas encore qui lâon est, on ne sait mĂȘme pas que lâon existe, alors que les mots le savent dĂ©jĂ . Nous sommes pris dans un rĂ©seau de signifiants bien avant notre naissance. On nâentre pas dans la maison du langage, on y Ă©tait dĂ©jĂ .
Ă propos de la versatilitĂ© symbolique des statues,  je pense Ă cet autre lion que des millions de touristes admirent chaque annĂ©e en haut de sa colonne, place Saint-Marc Ă Venise. AilĂ©, la gueule ouverte, et dotĂ© dâune criniĂšre foisonnante, il projette lâimage forte dâune souverainetĂ© qui ne sâautorise que dâelle-mĂȘme. Comme plusieurs antiquitĂ©s vĂ©nitiennes, son origine est orientale. Il aurait Ă©tĂ© volĂ© Ă Constantinople au IIIe siĂšcle. Il se pourrait aussi quâil soit la copie dâune chimĂšre fabriquĂ©e au Moyen Ăge Ă partir d'une statue assyrienne, indienne, chinoise ou sassanide. Ă la fin du XVIIIe siĂšcle, il fait partie du butin ramenĂ© par Bonaparte Ă Paris, oĂč il est exposĂ© quelques annĂ©es comme trophĂ©e dans la cour de lâhĂŽpital des Invalides. Ă la chute de lâEmpereur, le lion est restituĂ© aux Autrichiens, nouveaux maĂźtres de la VĂ©nĂ©tie. Lors de ce transfert, il tombe de son socle et se brise en plusieurs morceaux. RapatriĂ© Ă Venise, on le patche de partout et on le dote dâune nouvelle queue qui nâest plus ramassĂ©e contre son corps, mais majestueusement dĂ©ployĂ©e. Ătrange destin que celui de ce lion ailĂ©, cabossĂ© par les Ă©poques et les Ă©tapes. Sa robe de cuivre porte la marque de lâinstabilitĂ© des contextes historiques quâil traverse et qui le traversent. Mais la blessure nâest pas que matĂ©rielle. Pour BĂ©nĂ©dicte Savoy, quand les Ćuvres dâart reviennent dans leur pays dâorigine, elles ne sont plus les mĂȘmes. Le passage du temps et leur sĂ©jour prolongĂ© sous dâautres cieux les a encodĂ©es autrement. Comme les humains, les statues sont enchĂąssĂ©es dans des discours qui les surdĂ©terminent. Leur «âŻsignificationâŻÂ» symbolique nâa rien dâintrinsĂšque. Le lion ailĂ© Ă©tait victorieux Ă Venise, mais câest un lion captif qui est exposĂ© Ă Paris. Quand il revient Ă Venise, est-il toujours un symbole de puissance souveraineâŻ? LâinterprĂ©tation allĂ©gorique ne suffit pas Ă faire parler les Ćuvres. Le rĂ©el enrichit le symbole, le dote dâune histoire singuliĂšre. Mais câest aussi ce qui le fait dĂ©railler. Le rĂ©el, câest le symbole qui se cogne. Et qui tombe de son piĂ©destal.Â

Parlant de rĂ©el, je nâavais pas prĂ©vu â en montant sur le socle du Lion de Belfort, Ă Paris au tout dĂ©but des annĂ©es 2000 â que ledit socle serait creux. Il nâavait pas de plafond, ou, si lâon prĂ©fĂšre, pas de plancher pour que jây prenne place. Il nây avait quâun madrier posĂ© en Ă©quilibre sur une structure branlante pour maintenir une bĂąche en plastique dont jâimagine quâelle Ă©tait lĂ pour prĂ©venir les infiltrations. Il Ă©tait trop tard pour reculer, la camĂ©ra tournait. Alors je suis montĂ© sur le bout de bois, la tĂȘte prise dans mon masque de lion et jâai tentĂ© de me tenir lĂ , vaille que vaille, en laissant venir Ă moi un peu de dignitĂ© malgrĂ© lâinstabilitĂ© du dispositif. Personne nâa dit que ce serait facile, la sculpture.Â
(Ă suivre)Â






