UN PEUPLE DE STATUES – 2. LES LIONS, LES LOUPS

2026-02-21A

Un peuple de statues est un espace de rĂ©flexion sur l’iconoclasme, le vandalisme et, plus gĂ©nĂ©ralement, sur cet usage politique particulier des Ɠuvres d’art qui consiste Ă  les dĂ©molir. S’y dĂ©ploie une dĂ©marche expĂ©rimentale qui met en dialogue la rĂ©flexion philosophique et le geste graphique de l’auteur. 

2 - Les lions, les loups

Je ne sais pas trĂšs bien comment appeler cette Ɠuvre. Parfois, je l’identifie comme une performance, mais il pourrait aussi bien s’agir d’une sculpture ou d’un tableau vivant. Et si je suis bien honnĂȘte, je parle plutĂŽt d’intĂ©rim. Je crois que c’était juste avant, ou juste aprĂšs, l’attentat de septembre 2001 contre les tours jumelles. Ce dont je me souviens de ce moment, c’est que j’avais quittĂ© les Beaux-arts à Paris, mais que je n’étais pas encore arrivĂ© Ă  MontrĂ©al. J’étais coincĂ© quelque part entre les deux.  

Un matin, alors que je flĂąnais du cĂŽtĂ© de la place Denfert-Rochereau – encore Ă  Paris donc –, j’ai remarquĂ© l’absence du Lion sur son socle. Le Lion de Belfort est une sculpture en bronze d’Auguste Bartholdi (1834-1904) qui symbolise la DĂ©fense nationale française /01 /01
 C’est confondant. Il y a un Lion de Belfort sculptĂ© dans une falaise de la ville de Belfort (logique) mais il y en a aussi un Ă  Paris qui s’appelle quand mĂȘme le Lion de Belfort, bien que les Parisien·nes l’appellent le Lion de Denfert (en rĂ©fĂ©rence Ă  sa localisation place Denfert-Rochereau). Quand j’étais enfant, j’entendais « le Lion de l’enfer », ce qui n’est pas mal non plus. 
. On raconte que, lors de son installation, en 1880, le Lion regardait vers l’Allemagne, pour la tenir tranquille, puis lorsque les Allemands ont envahi la France, ils l’ont retournĂ© pour lui apprendre qui Ă©tait le patron. Depuis, il regarde de l’autre cĂŽtĂ© et leur montre son derriĂšre. J’ignore si c’est mieux.  Pour tout dire, je ne suis mĂȘme pas sĂ»r que ce soit vrai. Dans la chanson de Serge Reggiani /02 /02
Chanson écrite par Albert Vidalie, composée par Louis BessiÚres et interprétée par Serge Reggiani en 1967.
, celle oĂč le narrateur adjure Charmante Elvire de cesser de rire, c’est ce lion qui tremble « sous son manteau de bronze » parce que les loups – les nazis, les fascistes, enfin pas des vrais loups – regardent vers Paris. On raconte aussi, dans une bande dessinĂ©e de Tardi /03 /03
Sans doute dans Les Aventures Extraordinaires d’Adùle Blanc-Sec. Le Savant fou, Tournai, Casterman, 1977.
, je crois, que le socle du Lion ouvre sur un passage secret vers je ne sais quelle catacombe /04 /04
Quand j’ai rĂ©alisĂ© ma sculpture fontaine devant la bibliothĂšque Maisonneuve et qu’avec mon ami Louis, nous avons transformĂ© l’une des plaques de bronze latĂ©rales du socle en porte dĂ©robĂ©e pour pouvoir accĂ©der Ă  la mĂ©canique intĂ©rieure, j’ai repensĂ© avec dĂ©lice Ă  cette histoire. Mais je reparlerai de cette fontaine dans un prochain Ă©pisode. Un vrai feuilleton, je vous dis.
. Bref, le Lion de Belfort est un gros tas de ferraille de quatre mĂštres de haut et sept mĂštres de long. Son regard est vide, martial, butĂ©. Sa robe vigoureuse est agrĂ©ablement vert-de-gris. Mais ce matin-lĂ , le problĂšme, c’est qu’il avait disparu.  

2026-03-99A

À cette Ă©poque, j’aimais dĂ©jĂ  me rendre utile. Une brĂšve enquĂȘte m'apprit que les autoritĂ©s avaient retiré la sculpture pour la rĂ©nover. Le socle resterait vacant le temps de polir le poil de la bĂȘte. Il ne fallait pas me le dire deux fois. Avec de la feutrine et de la fourrure synthĂ©tique, je me bricolai un costume de fortune et m’en allai aussitĂŽt occuper la place de la statue au milieu de la circulation automobile. Une brĂšve vidĂ©o subsiste de cette performance qu’on peut encore voir sur youtube. En trame sonore, j’ai empruntĂ© une chanson Ă  Brigitte Fontaine, dans laquelle la chanteuse dĂ©clame sur un air de Stabat mater sombre et dĂ©chirant des slogans rĂ©volutionnaires, tels « tout le pouvoir au peuple », « la propriĂ©tĂ©, c’est le vol », « la rĂ©volution au bout du fusil », et autres joyeusetĂ©s. Je trouvais que nos grandiloquences allaient bien ensemble. Croire au monde mais douter de soi. Du panache dans la dĂ©route. 

Auguste Bartholdi, le sculpteur du Lion, est aussi l’auteur d’une statue de Jean-François Champollion, le dĂ©chiffreur des hiĂ©roglyphes Ă©gyptiens. Ce portrait un peu plus grand que nature le reprĂ©sente en fougueux jeune homme, le pied lourdement bottĂ© sur la tĂȘte d’une statue de RamsĂšs II. Cette position fait penser Ă  la victoire de David contre Goliath, mais l’allĂ©gorie serait alors inversĂ©e. Champollion, ce n’est pas le petit qui triomphe du gĂ©ant : c’est la puissance coloniale au faĂźte de sa conquĂȘte, tandis que la tĂȘte de Pharaon est rompue, humiliĂ©e. Il y a un vainqueur et un vaincu, et il est trĂšs difficile de voir autre chose dans cette reprĂ©sentation qu’un symbole de la domination occidentale sur ses colonies. Sur le site du CollĂšge de France (dans la cour duquel est installĂ©e la statue), on tente pourtant de justifier la violence symbolique de la sculpture au nom du refus de l’anachronisme. En gros, on n’a rien compris si on y voit ce qu’on y voit, car si « la position de Champollion peut heurter nos sensibilitĂ©s contemporaines, telle n’était pas l’intention de Bartholdi qui s’inspire de deux traditions : d’une part, la mĂ©ditation devant les ruines des civilisations disparues [...] et d’autre part, le mythe grec d’ƒdipe, vainqueur de la sphinge, monstre Ă  corps de lion et Ă  tĂȘte humaine qui terrorisait la rĂ©gion de ThĂšbes /05 /05
Voir : https://www.college-de-france.fr/fr/institution-et-son-histoire/la-statue-de-champollion 
 », etc. L’argument est plutĂŽt comique. Il fait penser Ă  celui utilisĂ© pour euphĂ©miser le racisme des Aventures de Tintin, selon lequel HergĂ© Ă©tait peut-ĂȘtre raciste, mais ce n’est pas grave parce qu’à l’époque tout le monde l’était
 PlutĂŽt que de justifier l’injustifiable, pourquoi ne pas admettre que ces Ɠuvres sont bel et bien racistes, mais que, ce faisant, elles nous permettent de saisirde quelle maniĂšre s’opĂšre la naturalisation d’une idĂ©ologie dans l’espace public, et comment cela la rend hĂ©gĂ©monique ? Assez drĂŽle, cette manie propre aux arts visuels de toujours prĂ©tendre que ce que l’on voit n’est pas ce que l’on croit.  

L’historienne de l’art BĂ©nĂ©dicte Savoy adopte une mĂ©thode Ă  l’opposĂ© de cette prudence de clerc. À propos de l’effroi qu’elle raconte avoir ressenti devant la statue de Champollion, elle Ă©voque un sentiment Ă©trange qu’elle dĂ©signe, avec Walter Benjamin et Karine Winkelvoss, comme un « souvenir du jamais vu /06 /06
Bénédicte Savoy, Objets du désir, désirs d'objets, CollÚge de France, 2017, en ligne, https://books.openedition.org/cdf/5024. 
 ». Ce qu’elle a sous les yeux, c’est une allĂ©gorie, certes, mais nul n’est besoin d’aller chercher du cĂŽtĂ© des mythes antiques pour la faire parler. Selon elle, cette allĂ©gorie Ă  front renversĂ© donne Ă  voir « le retour du refoulĂ© colonial dans le croisement fortuit de temporalitĂ©s divergentes /07 /07
Ibid. 
. » Un condensĂ© saisissant de ce qu’elle appelle les trois libidos : sensuelle (la beautĂ© du pharaon), intellectuelle (le jeune savant fringuant) et de domination (le pied sur la tĂȘte). « La statue rappelle Ă  qui veut l’entendre que la mĂ©daille brillante de la culture et du savoir, en Occident, a toujours ou presque un revers de violence symbolique et rĂ©elle /08 /08
Ibid.
. » L’idĂ©al et son dĂ©voiement. La culture et la barbarie. Tenir ensemble les pĂŽles de cette dialectique infernale, c’est prĂ©cisĂ©ment ce Ă  quoi elle s’attelle quand elle propose d’articuler les sentiments contradictoires que suscitent en elle les collections musĂ©ales occidentales. Elle raconte comment elle ne peut voir NĂ©fertiti au Neues Museum de Berlin sans penser au « trou » que le cĂ©lĂšbre buste laisse lĂ  oĂč il a Ă©tĂ© pillĂ©, Ă  Tell Amarna en Égypte. En 2018, dans un rapport ayant fait date sur la restitution du patrimoine culturel africain, BĂ©nĂ©dicte Savoy s’est prononcĂ©e sans ambages pour le retour des Ɠuvres lĂ  oĂč elles ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©es /09 /09
BĂ©nĂ©dicte Savoy, À qui appartient la beauté ?, Paris, La DĂ©couverte, 2024.
. Mais elle dit aussi qu’au nom de l’injustice de cette dĂ©possession, il ne faut pas jeter aux orties l’extraordinaire « pouvoir de germination » du musĂ©e universel Ă  l’europĂ©enne qu’elle perçoit comme « l’un de ces endroits oĂč l’Histoire fĂ©conde l’avenir » et qui rend possible « l’incorporation de la substance d’autrui en substance de soi /10 /10
Bénédicte Savoy, Objets du désir, désirs d'objets, op. cit.
 ». Libido. FĂ©condation. Germination. Les mĂ©taphores sont explicites. Il y a quelque chose de la turgescence dans ces Ă©vocations. Qui n’a jamais ressenti d’émotion Ă©rotique dans un musĂ©e ne peut sans doute pas comprendre. 

2026-02-01A

Une dizaine d’annĂ©es aprĂšs avoir grimpĂ© sur le socle du Lion de Belfort, alors que j’avais changĂ© de vie et de pays, je me suis rendu compte que la mĂȘme statue se trouve à MontrĂ©al. Exactement la mĂȘme. Une rĂ©plique, mais en pierre et plus petite. Ce petit lion est positionnĂ© dans le square Dorchester, en face de l’édifice Sun Life, en bordure de la rue Metcalfe. (Si un jour on l’enlĂšve, je ferai une mascotte miniature de moi-mĂȘme, fauve de carnaval, et je la poserai lĂ  en attendant son retour.) Sur le site du Bureau d’art public de la ville, on apprend qu’il symbolise « la force et le protectorat britannique /11 /11
La page du Petit Lion de Belfort est ici. 
 » et qu’il a Ă©tĂ© installĂ© Ă  l’occasion du jubilĂ© de diamant de la reine Victoria en 1897 /12 /12
Post-scriptum : en lisant ces lignes, mon ami Louis dont j’ai dit plus haut qu’il avait conçu la porte dĂ©robĂ©e du socle de ma fontaine (en face de la BibliothĂšque Maisonneuve Ă  MontrĂ©al) m’informe qu’il a aussi fabriquĂ© la petite porte en bronze qui permet l’accĂšs au robinet du petit Lion de Belfort de la Place du Canada. Je verse cette information comme Ă©lĂ©ment probant Ă  l’hypothĂšse d’un vaste rĂ©seau souterrain reliant entre elles, sinon les statues de ma vie, du moins les histoires que je m’invente Ă  leur sujet.
. Il est bien pratique, ce symbole qui peut servir Ă  reprĂ©senter tantĂŽt la dĂ©fense nationale française, tantĂŽt le protectorat britannique. Un vrai couteau suisse. Ainsi, il en irait des statues comme de n’importe quel mot de la langue, leur signification change en fonction du contexte. C’est un peu comme le terme « je » qui est moi quand c’est moi qui parle et toi quand c’est toi. Nous habitons tous·tes le mĂȘme langage (les problĂšmes de traduction exceptĂ©s bien sĂ»r, ce qui n’est pas rien). Le langage est une maison accueillante, les rĂšgles sont les mĂȘmes pour tous·tes, on entre et on se sert, faites comme chez-vous. Le corollaire de cette hospitalitĂ©, c’est qu’une fois qu’on est entrĂ© dans cette fabuleuse maison, on n’en sort plus. Terrifiant. Un peu comme la fin de la chanson Hotel California du groupe Eagles : « you can check out any time you want but you can never leave ». Les lacanien·nes ont toute une thĂ©orie lĂ -dessus : « l’inconscient, c’est le discours de l’autre ». Non seulement le langage Ă©tait lĂ  avant nous, mais on – « on » c’est-Ă -dire nos parents – a parlĂ© de nous avant mĂȘme que nous puissions parler ou comprendre ce que l’on disait de nous. On ne sait pas encore qui l’on est, on ne sait mĂȘme pas que l’on existe, alors que les mots le savent dĂ©jĂ . Nous sommes pris dans un rĂ©seau de signifiants bien avant notre naissance. On n’entre pas dans la maison du langage, on y Ă©tait dĂ©jĂ .

À propos de la versatilitĂ© symbolique des statues,  je pense Ă  cet autre lion que des millions de touristes admirent chaque annĂ©e en haut de sa colonne, place Saint-Marc Ă  Venise. AilĂ©, la gueule ouverte, et dotĂ© d’une criniĂšre foisonnante, il projette l’image forte d’une souverainetĂ© qui ne s’autorise que d’elle-mĂȘme. Comme plusieurs antiquitĂ©s vĂ©nitiennes, son origine est orientale. Il aurait Ă©tĂ© volĂ© Ă  Constantinople au IIIe siĂšcle. Il se pourrait aussi qu’il soit la copie d’une chimĂšre fabriquĂ©e au Moyen Âge Ă  partir d'une statue assyrienne, indienne, chinoise ou sassanide. À la fin du XVIIIe siĂšcle, il fait partie du butin ramenĂ© par Bonaparte Ă  Paris, oĂč il est exposĂ© quelques annĂ©es comme trophĂ©e dans la cour de l’hĂŽpital des Invalides. À la chute de l’Empereur, le lion est restituĂ© aux Autrichiens, nouveaux maĂźtres de la VĂ©nĂ©tie. Lors de ce transfert, il tombe de son socle et se brise en plusieurs morceaux. RapatriĂ© Ă  Venise, on le patche de partout et on le dote d’une nouvelle queue qui n’est plus ramassĂ©e contre son corps, mais majestueusement dĂ©ployĂ©e. Étrange destin que celui de ce lion ailĂ©, cabossĂ© par les Ă©poques et les Ă©tapes. Sa robe de cuivre porte la marque de l’instabilitĂ© des contextes historiques qu’il traverse et qui le traversent. Mais la blessure n’est pas que matĂ©rielle. Pour BĂ©nĂ©dicte Savoy, quand les Ɠuvres d’art reviennent dans leur pays d’origine, elles ne sont plus les mĂȘmes. Le passage du temps et leur sĂ©jour prolongĂ© sous d’autres cieux les a encodĂ©es autrement. Comme les humains, les statues sont enchĂąssĂ©es dans des discours qui les surdĂ©terminent. Leur « signification » symbolique n’a rien d’intrinsĂšque. Le lion ailĂ© Ă©tait victorieux Ă  Venise, mais c’est un lion captif qui est exposĂ© Ă  Paris. Quand il revient Ă  Venise, est-il toujours un symbole de puissance souveraine ? L’interprĂ©tation allĂ©gorique ne suffit pas Ă  faire parler les Ɠuvres. Le rĂ©el enrichit le symbole, le dote d’une histoire singuliĂšre. Mais c’est aussi ce qui le fait dĂ©railler. Le rĂ©el, c’est le symbole qui se cogne. Et qui tombe de son piĂ©destal. 

2026-03-97A

Parlant de rĂ©el, je n’avais pas prĂ©vu – en montant sur le socle du Lion de Belfort, Ă  Paris au tout dĂ©but des annĂ©es 2000 – que ledit socle serait creux. Il n’avait pas de plafond, ou, si l’on prĂ©fĂšre, pas de plancher pour que j’y prenne place. Il n’y avait qu’un madrier posĂ© en Ă©quilibre sur une structure branlante pour maintenir une bĂąche en plastique dont j’imagine qu’elle Ă©tait lĂ  pour prĂ©venir les infiltrations. Il Ă©tait trop tard pour reculer, la camĂ©ra tournait. Alors je suis montĂ© sur le bout de bois, la tĂȘte prise dans mon masque de lion et j’ai tentĂ© de me tenir lĂ , vaille que vaille, en laissant venir Ă  moi un peu de dignitĂ© malgrĂ© l’instabilitĂ© du dispositif. Personne n’a dit que ce serait facile, la sculpture. 

(À suivre) 

Lion Fin

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 C’est confondant. Il y a un Lion de Belfort sculptĂ© dans une falaise de la ville de Belfort (logique) mais il y en a aussi un Ă  Paris qui s’appelle quand mĂȘme le Lion de Belfort, bien que les Parisien·nes l’appellent le Lion de Denfert (en rĂ©fĂ©rence Ă  sa localisation place Denfert-Rochereau). Quand j’étais enfant, j’entendais « le Lion de l’enfer », ce qui n’est pas mal non plus. 
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Chanson écrite par Albert Vidalie, composée par Louis BessiÚres et interprétée par Serge Reggiani en 1967.
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Sans doute dans Les Aventures Extraordinaires d’Adùle Blanc-Sec. Le Savant fou, Tournai, Casterman, 1977.
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Quand j’ai rĂ©alisĂ© ma sculpture fontaine devant la bibliothĂšque Maisonneuve et qu’avec mon ami Louis, nous avons transformĂ© l’une des plaques de bronze latĂ©rales du socle en porte dĂ©robĂ©e pour pouvoir accĂ©der Ă  la mĂ©canique intĂ©rieure, j’ai repensĂ© avec dĂ©lice Ă  cette histoire. Mais je reparlerai de cette fontaine dans un prochain Ă©pisode. Un vrai feuilleton, je vous dis.
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Voir : https://www.college-de-france.fr/fr/institution-et-son-histoire/la-statue-de-champollion 
/06
Bénédicte Savoy, Objets du désir, désirs d'objets, CollÚge de France, 2017, en ligne, https://books.openedition.org/cdf/5024. 
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Ibid. 
/08
Ibid.
/09
BĂ©nĂ©dicte Savoy, À qui appartient la beauté ?, Paris, La DĂ©couverte, 2024.
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Bénédicte Savoy, Objets du désir, désirs d'objets, op. cit.
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La page du Petit Lion de Belfort est ici. 
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Post-scriptum : en lisant ces lignes, mon ami Louis dont j’ai dit plus haut qu’il avait conçu la porte dĂ©robĂ©e du socle de ma fontaine (en face de la BibliothĂšque Maisonneuve Ă  MontrĂ©al) m’informe qu’il a aussi fabriquĂ© la petite porte en bronze qui permet l’accĂšs au robinet du petit Lion de Belfort de la Place du Canada. Je verse cette information comme Ă©lĂ©ment probant Ă  l’hypothĂšse d’un vaste rĂ©seau souterrain reliant entre elles, sinon les statues de ma vie, du moins les histoires que je m’invente Ă  leur sujet.

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