À quoi le public consent-il lorsqu’il prend place dans une salle de spectacle ? La réponse à cette question paraît de moins en moins évidente lorsque les règles esthétiques qui régissent les attitudes spectatorielles se confondent avec les lois sociales et juridiques, au point de les pervertir ou d’en révéler la violence intrinsèque. Foncièrement ambiguë, l’expérience des spectateur·rices devient elle-même le théâtre de profonds dilemmes moraux et éthiques, voire politiques : que doit-on tolérer, sur scène comme dans la vie ? Faut-il réagir à ce qui se produit injustement devant nos yeux ? Jusqu’à quel point doit-on jouer le jeu et à quel moment doit-on prendre parti, intervenir, protester ou même quitter la salle ?
En amont de la présentation du spectacle BROS de Romeo Castellucci, il s’agit de réfléchir à l’ébranlement des conditions spectatorielles face aux œuvres qui traitent de sujets clivants et controversés, nous invitant à concevoir le théâtre comme une antichambre, un prolongement ou un tribunal du monde réel.
Image - Romeo Castellucci, BROS. Photo : Lucas del Pia. Courtoisie de l’Usine C.

